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Iran : Ali Khamenei promet « une guerre régionale » en cas d'attaque américaine

Oct 29, 2026  Twila Rosenbaum  11 views
Iran : Ali Khamenei promet « une guerre régionale » en cas d'attaque américaine

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a adressé dimanche un avertissement direct aux États-Unis : toute attaque contre l'Iran déclencherait « une guerre régionale ». Cette déclaration intervient alors que Donald Trump menace de recourir à la force contre Téhéran et que les tensions entre les deux pays se sont intensifiées autour du dossier nucléaire, de la présence militaire américaine dans le Golfe et de la répression des manifestations en Iran.

Devant des fidèles réunis à Téhéran, Ali Khamenei a assuré que les Américains devaient comprendre la portée de leurs actes. « Les Américains doivent savoir que s'ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par des médias iraniens. Le guide suprême, ultime décisionnaire en Iran, s'exprimait à l'occasion du 47e anniversaire du retour de l'imam Khomeini, fondateur de la République islamique. Ce cadre symbolique donne à son discours une portée politique particulière, alors que le régime cherche à afficher sa fermeté face aux pressions extérieures.

Les faits essentiels

  • Ali Khamenei avertit que toute attaque américaine contre l'Iran déclencherait « une guerre régionale ».
  • Il qualifie les manifestations antigouvernementales de janvier de « véritable coup d'État » et affirme que cette tentative a échoué.
  • Les États-Unis ont déployé une dizaine de navires dans le Golfe, dont le porte-avions Abraham Lincoln.
  • L'Iran devait commencer des manœuvres navales dans le détroit d'Ormuz et menace de bloquer ce passage stratégique en cas d'attaque.
  • Téhéran considère désormais les armées européennes comme des « groupes terroristes », en riposte à la décision de l'Union européenne de classer les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste.
  • Des médiations régionales, notamment qataries et égyptiennes, sont en cours pour tenter de ramener Washington et Téhéran à la table des négociations.
  • Le bilan humain des manifestations de janvier reste contesté, une organisation de défense des droits humains faisant état de milliers de morts.

Un avertissement adressé à Washington

La formulation employée par Ali Khamenei marque une escalade rhétorique. En évoquant une « guerre régionale », le guide suprême ne se contente pas de promettre une riposte iranienne : il suggère qu'un conflit avec les États-Unis pourrait embraser l'ensemble du Moyen-Orient. Cette menace s'appuie sur la capacité de l'Iran à mobiliser des réseaux alliés dans plusieurs pays, à agir par des intermédiaires et à perturber les routes maritimes essentielles à l'approvisionnement énergétique mondial. Elle vise aussi à dissuader Washington de lancer une opération militaire de grande ampleur.

Donald Trump, de son côté, a maintenu la pression. Il a affirmé que l'Iran conversait avec les États-Unis, sans donner de détails, et a répété qu'un accord sur le nucléaire était souhaitable. « J'espère qu'on va trouver un accord », a-t-il déclaré devant des journalistes, avant d'ajouter que si aucun accord n'était conclu, il faudrait voir si le guide suprême avait raison ou non. Ces propos entretiennent une ambiguïté calculée : Washington affirme vouloir négocier tout en menaçant d'utiliser la force.

Le précédent d'une guerre de douze jours

L'avertissement d'Ali Khamenei intervient après un épisode militaire majeur. En juin, les États-Unis avaient brièvement mené des bombardements contre l'Iran lors d'une guerre de douze jours déclenchée par Israël. L'Iran avait répliqué de manière mesurée, en ciblant des bases américaines dans le Golfe, sans faire de victimes. Cette riposte calibrée avait été interprétée comme une volonté de Téhéran d'éviter une escalade incontrôlable tout en préservant sa crédibilité. Le souvenir de cet épisode pèse sur les calculs actuels : les deux camps savent qu'une erreur d'appréciation pourrait conduire à un embrasement.

Dans ce contexte, la menace d'une « guerre régionale » peut être lue comme une tentative de rétablir la dissuasion. Téhéran cherche à convaincre Washington que les coûts d'une attaque seraient bien supérieurs aux bénéfices attendus. Mais cette rhétorique comporte aussi des risques : elle peut nourrir une dynamique de surenchère et réduire les marges de manœuvre diplomatiques.

Les manifestations de janvier qualifiées de « coup d'État »

Ali Khamenei est également revenu sur les manifestations antigouvernementales qui ont secoué l'Iran en janvier. Il les a qualifiées de « véritable coup d'État », affirmant que les protestataires avaient attaqué des policiers, des bâtiments gouvernementaux, des casernes des Gardiens de la révolution, des banques et des mosquées, et qu'ils avaient brûlé des exemplaires du Coran. Selon lui, cette tentative aurait « échoué ». Ces accusations reprennent la ligne officielle, qui présente la contestation comme une conspiration étrangère plutôt que comme l'expression d'une colère sociale profonde.

Les autorités iraniennes reconnaissent que des milliers de personnes ont été tuées lors des manifestations, mais elles affirment que la grande majorité des victimes étaient des forces de sécurité ou des passants tués par des « terroristes ». Une organisation de défense des droits humains basée aux États-Unis dit avoir confirmé 6.713 morts, dont 137 enfants, et enquêter sur plus de 17.000 décès potentiels supplémentaires. Ce bilan, s'il était confirmé, constituerait l'un des épisodes les plus meurtriers de l'histoire récente de la République islamique. L'écart entre les chiffres officiels et ceux des organisations indépendantes illustre la difficulté d'établir les faits dans un contexte de contrôle strict de l'information.

Un 47e anniversaire chargé de symboles

Le discours a été prononcé à l'occasion du 47e anniversaire du retour en Iran de l'imam Khomeini, père fondateur de la République islamique en 1979. Ali Khamenei a succédé à Khomeini dix ans plus tard. Depuis la révolution qui a chassé du pouvoir la dynastie Pahlavi, alliée clé des États-Unis, les deux pays n'entretiennent plus de relations diplomatiques. Ce rappel historique n'est pas anodin : il permet au guide suprême de présenter l'Iran comme une nation qui a déjà résisté aux pressions américaines et qui ne cédera pas.

Ali Khamenei a affirmé que les Américains « veulent reprendre le contrôle de ce pays » comme auparavant sous la monarchie. « Ils contrôlaient les ressources. Ils contrôlaient le pétrole. Ils contrôlaient la politique […] tout leur appartenait », a-t-il insisté. Cette lecture nationaliste vise à mobiliser la base loyaliste et à délégitimer les critiques intérieures en les associant à des intérêts étrangers.

La riposte symbolique de Téhéran à l'Union européenne

La journée a également été marquée par une nouvelle escalade entre l'Iran et l'Europe. Téhéran a annoncé que les armées européennes seraient désormais considérées comme des « groupes terroristes ». Cette décision répond à celle des Vingt-Sept, qui ont classé les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes, accusés d'avoir orchestré la répression du mouvement de contestation. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que cette mesure s'appuyait sur l'article 7 de la loi sur les contre-mesures relatives à la désignation du corps des Gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste.

Cette décision est surtout symbolique et ses conséquences concrètes restent floues à court terme. Mais elle illustre la volonté de Téhéran d'afficher une réponse ferme à ce qu'il considère comme une humiliation européenne. Selon des images diffusées par la télévision d'


Source: Les Echos News


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